On regarde par la fenêtre et on ne regarde pas par la télé,
pourquoi ?
Pourquoi une expression nous contraint-elle à considérer des téléviseurs et non ce qu’ils diffusent ?
Ou bien cette formulation imposée n’est-elle pas précisément le reflet de ce qui se trame sur notre petite lucarne ?
Fascination
On ne choisit pas tant un présentateur de journal pour ses compétences que pour son charisme. Il, elle, doit faire bonne figure, attirer
l’audimat, plaire. Et comment une seule personne pourrait-elle posséder une compétence sur chacun des multiples sujets abordés au cours d’une telle émission ?
D’ailleurs, l’actualité ne se présente pas elle se raconte. On ne présente pas le réel parce que c’est impossible, on ne peut qu’en dire quelque
chose, en rapporter des images, des sons, du discours, des commentaires… On sait qu’il est là et on en parle.
Dans un bon canard, chaque journaliste, spécialisé dans un domaines, propose ses vues sur un sujet du temps. L’éditorialiste amorce, il titille
l’actualité par un éclairage suceptible d’attirer l’œil. L’éditorialiste est un maître du style, sa place est toute à la fois brillante et humble ; il n’écrit pas tous les articles, il
attire les foules.
Mais à la télé, on dirait bien qu’une sorte de super-éditorialiste s’arroge la place ensoleillée de tout nous dire. Les reportages ? Ils les
lancent, leur donne le ton, les conclue, alors, les reportages au fond ils ne peuvent avoir la force d’un vrai article de vrai journal.
Il fascine, il hypnotise, le présentateur (la présentatrice).
Comment voulez-vous qu’on s’y retrouve ?
Dans le journal télévisé, il y a un présentateur (une présentatrice), des images, du son des commentaires.
Taire.
Se taire.
Terre ?
Si on regarde par la télé, on voit à travers, comme avec une fenêtre.
Mardi 29 janvier 2008
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Deniers du culte