S’il y a mille raisons de ne pas témoigner de sa gratitude, il y en a
sûrement mille et une de la dire.
Aussi voudrais-je céans te rendre hommage, à toi qui n’aime pas plus les présents que de t’entendre dire « merci ».
Je suis navré d’avoir à t’imposer une telle épreuve, mais oui, c’est bien à toi mon collègue, mon aîné, mon ami, noble Gégé, que ce billet est
dédié, dédicacé, débridé, déblatéré.
Car, lorsque l’escargot qui écrit ces lignes s’est retrouvé sans sa coquille, bavant sur le goudron, tout mou comme un lardon pas cuit, se
sentant cuit comme un lardon qui frit, à bouffer la racine et pas le pissenlit, tu es venu comme un bon Père, un missionnaire des percutés, pour me recoudre les neurones éparpillés. Là je savais
à qui causer et je savais qui me causait : un gars d’une trempe à faire rougir les bleus, à dérougir les yeux, à engourdir le blues.
Parce que, le sais-tu toi qui lit ? Ce type a traversé l’enfance tel une coquille de noix sur l’océan houleux, s’est édenté l’bocal sur le galet du temps qui poisse, s’est fait happer par un
cyclone pour y voir l’œil du bas du fond, mais s’est relevé comme un coq, la tête au dessus du Loch Lomond. Et comme si cela ne suffisait pas, il a créé son remorqueur à titubants ; à la
force de poigne, arraché qui à ses sables mouvants, qui à ses fables à mourants. Redresser sa bonne tête ne lui suffisait pas, il a fallu qu’il en remonte d’autres.
Alors, mon collègue, mon aîné, mon noble ami Gégé, sache bien que tes mots bien fichus, que ton soutien costaud, que ta connaissance, ton
humanisme m’ont sacrément plus réchauffés que tous les cafés que j’nous ai préparés !
Toi, moitié homme des îles et moitié gars d’Ménilmontant, sage aîné, mon humble ami Gégé, il n’y a pas si
longtemps encore j’ignorais de quel bon bois tu es fait.
« Piman paka vanté fôs' ay »*
* Proverbe créole : « Le piment ne se vante jamais de sa
force »
Samedi 20 octobre 2007
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Deniers du culte