Tandis que je musardais paisiblement, suite à une sauterie modestement gastronomique en compagnie de deux amis de notre club du troisième âge, un
événement irritant a quelque peu chauffé mon sang de Cosaque. Je comptais en effet utiliser mon quartier libre pour faire l'achat d'un petit livre dans une librairie supermachère située dans le
trou des Halles, mais à peine avais-je quitté les couloirs du métropolitain que des bruits d'altercations me firent tendre l'oreille (de lynx, et l'oeil de Dumbo). J'aperçus, alors, une
graine (déjà bien germée) de délinquant insulter chaleureusement une jeune dame protestant, en l'occurrence, de l'attitude cavalièrement irrespectueuse de
l'individu mâle suscité. Puis, notre petite frappe d'envoyer un coup de Nike dans le tibia d'icelle. J'y ai vu écarlate,
me suis approché, avec pour ferme intention de ne pas laisser Casanova s'en retourner allègrement, le cœur léger d'agir en proxénète au beau milieu d'une
foule anesthésiée. Lorsqu'un grand gaillard a devancé l'appel, rappelant au cancrelat qu'il n'est pas bien courtois de taper sur les dames. Mais Monsieur le caïd ne s'est point démonté, vomissant des menaces, employant des mots doux que je n'exposerai pas ici.
J'y peux rien, j'suis sanguin ; sans véritablement avoir élaboré de protocole diplomatique ou plan de négociations quelconque, sans carte de visite à exhiber ni gant Mappa à foutre dans la
tronche pour un duel aux aurores, j'avais prévu d'aborder le jeune con en ne sachant guère si j'allais lui balancer un genou dans les parties suivi d'un vieux
direct du gauche ou bien juste m'époumoner à le couvrir de jurons... Mais je crois bien que c'est la première option qui me faisait le plus envie, nonobstant un tout p'tit détail : lorsque
je dégaine mon Karcher, et à la différence de Nico, je ne dispose point de quelques cars de CRS, d'une légion Gardes mobiles, des RG, de la DST en civil, d'une protection rapprochée, d'hélicos de
surveillance et j'en passe, en guise d'escorte ! Des fois les voyous rendent des coups, i ‘faut que j'apprenne à me contrôler, je sais, je sais, Maître Pô...
Sur ce, un vigile, coupe en brosse et chemise gonflée de muscles, est arrivé ; notre héro, voyant que ça commençait à sentir le pâté, a préféré la fuite.
Et j'y ai couru au cul, mais c'est qu'il courait vite le lévrier ! Frustrant l'affaire, pas défoulé ; c'est dur d'avoir de petites pattes et
plusieurs décennies au compteur... Nous retiendrons toutefois que : le hooligan est courageux, d'abord ils insulte les dames, ensuite il les frappe, puis
il menace les badauds, avant de ses sauver au galop. Mais oui, mon gars, t'es une terreur, il n'en faut point
douter !
Deniers du culte