Des phares, des feux
rouges
derrière les
bagnoles
des stops d’autos, des trucs à freins, quoi...
et encore, devant
un feu rouge (et orange et...
vert, mais pas beaucoup)
Lah ! lah !
Cependant, bon...
les clameurs des lumières
en la nuit
incisent les visages
conducteurs
en auto-soir-mobiles
en
deux fentes
sur les trombines des gens aveuglés
permettant, bah ! tout bêtement d’y voir
Radio, Man, Mensch, Ombre,
radio là bon nous fé.
Ouais, bon, bon, ouais !
Un mot à te dire
vite
mon gars
mais pas trop tant :
Dexter Gordon
son saxophone
il joue la vérité.
Rien d’autre. Non.
Là c’est du vrai
authentique Sound
musiqualifiéevérité
C’est ainsi que les voitures étant des coccinelles
comme celle de ma maman, bordeaux,
quand j’étais môme (par exemple)
toutes des coccinelles
aux yeux ronds pour les phares
(pas des rectangles niais comme on fé maintenant)
aux yeux ronds
aux phares à iode
à la lumière douce, jaune
mmmh !
retournées tout à coup toutes ensemble
elles fixent :
elles le savent que Gordon’s saxophone
il joue la vérité
toujours.
Ces putains de bagnoles
elles sont bien là
Elles sont BIEN là !
La mélodie qui est toute seule,
car elle n’a pas d’imitations
car elle n’est qu’une fois elle toute seule
et personne d’autre,
fait son esquisse
de routes, de feux, de caisse-mobiles,
de gens aux yeux bridés
par les sales phares, la nuit,
de pas de paysage parce qu’on ne le voit pas,
de bandes blanches sur la route et d’un peu
d’arbres (mais c’est peu, peu de nature).
ON N’Y VOIT RIEN !
DONC
des coccinelles, si on veut.
Elles attendent, regardent, écoutent
Dexter
son saxophone
c’est tout ce qu’on veut
vraiment
La vérité
playing.
Mardi 25 juillet 2006
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Deniers du culte