Hélitreuille-moi profond dans l’axe
Sortie : 12 brumaire 1998
Réalisateur : Abdallah ELJOUI-SESSUR
Avec : Laura SHOW ; James A ; Georg ASSME ; Anne HALLE ; Hélène SUSSER ; Lesch MARAIS
Cette nouvelle production des studios Pulation & Co nous entraîne dans un étourdissant ballet de perceptions.
Semblant avoir été écrit d’un jet, le scénario ne fait que gagner de puissance jusqu’au séisme final, instant d’explosion dramatique du retour au réel, où, par delà le bien et le mal, se juxtaposent les images crues d’un monde foudroyant, foudroyé, bruyant, braillé, fou. Ce rythme haletant qui nous saisit sans ménagement, n’est pas sans rappeler la course hypnotique de l’Ultime razzia (The Killing, Stanley Kubrick, USA –1957) Et même si l’approche moins narrative qu’obsessionnelle nous trimballe dans les méandres synchroniques d’ouvertures cadencées, la symphonie qui en découle érige l’unité mélodique qui semblait faire défaut.
Car c’est une gigantesque machine à faire du sens qui se met progressivement en branle. Comme si, au lieu de chercher à expliquer ou démontrer, le réalisateur semblait préférer les détours circumbulatoires d’une forme d’intuition bergsonienne.
Il n’est pas une action, dans cette œuvre, qui ne trouve son fondement dans une sorte de métaphysique de l’intime, comme si l’antre de la connaissance s’offrait par contacts répétés aux plus profonds regards d’une ingénue sagacité.
L’énergie échevelée, qu’injectent sans compter les protagonistes de ce moment d’épanouissement cognitif, ne fait que révéler avec plus de vigueur encore le vide qui reste à combler dans ce registre du cinéma à thèse ; et même si d’aucuns pourront trouver la casting un rien racoleur, il ne doivent pas oublier les franches rigolades suscitées lorsqu’il fut annoncé que Marlon Brando tiendrait le rôle de Marc-Antoine dans le désormais classique Jules César de Joseph L. Mankiewicz (Julius Caesar, USA – 1953), gageant qu’il allait chuchoter plutôt que déclamer les tirades de Shakespeare….
Enfin, s’il fallait une seule raison d’aller voir ce film, ne serait-ce pas tout simplement pour la poésie surréaliste de son titre ?
Vendredi 18 août 2006
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Deniers du culte