neofantaisie

 

Aujourd’hui, quelques considérations vaguement sociologiques. Des petites pensées, quoi, pas du boulot de thésard de l’EHESS, qu’il n’y ait pas de malentendu, hein…   Momo, remets-moi un crème et amène moi une Gauloise Filtre s’te plait !   Bon où c’est que j’en étions ? Alors oui, si on voulait on pourrait reprendre la bonne vieille distinction des classes sociales avec les trois qu’on a nous aut’ ici et dont celle du milieu ne cesse de croître (à savoir : bourges, classe moyenne et prolos), en utilisant deux critères de hiérarchisation. Les v’là donc ces critères : carnet d’adresses (ou outil de promotion sociale underground) et capital familial (ou patrimoine).   Tentons la chose.   Dis, Momo, t’aurais pas un paquet d’allumettes ? Quoi...? Je sais bien que t’es pas l’abbé Pierre, mais enfin, merde, avec tout les cafés et les clopes que j’te règle, tu pourrais te monter l’esprit commercial, des fois !   Bourges   Le vrai bourge a une famille avec des relations. En clair, cela signifie que même s’il est une brèle, il aura toujours le moyen de se faire caser quelque part, histoire de faire comme les gens qui sont obligés de bosser pour vivre. Par exemple, s’il aime bien la musique, au mieux il pourra devenir chanteur à la télé, au pire, il décrochera un job dans la production. L’instrument de reproduction sociale sur le plan représentatif (être « quelqu’un » dans la société) aura pour moteur l’utilisation de réseaux privés.   Le capital est aussi là, même si l’aspect est sobre (un statut d’employé ou d’indépendant modeste), le logement est coquet. Surtout, c’est l’assise patrimoniale qui assure la continuité  d’appartenance à la classe : disons qu’au minimum sur une génération, l’accès (confortable) aux ressources vitales est garanti qu’il y ait ou non un salaire.   Classes moyennes   Très large, indice généralement admis d’identification d’une société en plein essor économique. En gros c’est le « Beauf », je parle sur le plan financier, en écartant la connotation de mentalité, car la représentation est assez parlante.   Dans ce milieu, pas ou quasiment pas de carnet d’adresse digne de ce nom, qu’il y ait peu ou beaucoup de sous. Papa pourra te pistonner pour rentrer dans la banque où il bossait ou bien dans la SARL de son pote Fernando, mais la vitrine est moins clinquante, le job moins « stylé ». Et puis faudra aussi savoir faire ses preuves sur le plan professionnel, au risque de redescendre dans l’échelle sociale et de se faire engueuler par bobonne. La reproduction sociale reste incertaine.   Question capital privé, c’est très variable. Mais disons que sur une génération, la subsistance sans activité rémunératrice n’est guère assurée. Il peut y avoir néanmoins un accès à des outils de promotion par l’éducation (écoles privées, soutien scolaire, paiement des frais d’études supérieures)   Prolos   Ici, ça se corse.   Non seulement le carnet d’adresse est limité au réseau « débrouille », mais il y a, en plus, des handicaps. Mauvaise maîtrise de la langue, méconnaissance de codes de conduite propres à des couches supérieures, aspect physique (couleur de la peau, façons de s’habiller, démarche…), accès facilité à la délinquance pour obtenir de l’argent rapidos parce que là où il y a de la pauvreté il y a du commerce illicite et que le mômes sont moins « protégés », etc.   Le patrimoine, tintin ! Au pire on hérite d’un surendettement, au mieux, on gardera des babioles en souvenir. La subsistance sur une génération sans se fatiguer n’est pas du tout assurée. On est plutôt locataire que proprio (au mieux, le viocs possèdent une caravane), on faut ses courses chez Leader Price, non pas pour faire des économies, mais parce qu’on n’a pas trop le choix.   (Momo, c’est vraiment un gros radin, il m’a fait acheter un briquet Bic !)   Bon, pour conclure parce que ça me fatigue de théoriser comme ça sur des choses intellos, on va dire que les classes tout de même oui on peut encore en trouver ! En employant des petits outils de catégorisation. Evidemment tout ce bazar n’est pas aussi simple, tout ne fonctionne pas comme sur des roulettes. Faut pas négliger, par exemple l’aspect psychologique qui peut conduire le bourge à devenir prolo, sur une ou deux générations. Faut pas négliger les rencontres, le hasard, la découverte, qui peuvent conduire un prolo à devenir un grand acteur riche et célèbre, par exemple. Voyez, c’est comme en anthropologie physique qui a besoin de la génétique pour avancer et mieux comprendre (exemple) ou bien la géologie qui doit prendre en compte certains boulots des biologistes sur les microorganismes pour mieux appréhender les modifications des formations rocheuses (autre exemple). Mais ce serait dommage de jeter le bébé « classe sociale » avec l’eau du bain marxiste, tout simplement parce que ça peut permettre un éclairage propre à réfléchir sur un les principes fondateurs de notre idée républicaine : « liberté, égalité, fraternité ».   Momo, t’es un mauvais citoyen !

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Dim 18 nov 2007 7 commentaires
1 - Mon café, je le prends devant ma machine Nespresso , ben oui, c'est pour rêver à Georges dès les 1ères heures du jour.
----->>>>> conclusion : je suis bourge.
Mais...mémémémémémé.... j'ai eu besoin de mon salaire pour me l'offrir cette fichue machine!!!!!!!!

2 - pas de piston pour accéder à mon job mais de l'Education..
ça oui...
------>>>>> conclusion : je suis classe moyenne.
Mais...mémémémémémé....pas dans des écoles privées, et sans soutien scolaire : c'était plutôt démerdenzizich, ma fille!

3 - Je fais mes courses chez ED  et ai hérité du bureau du pépé 
------>>>>>conclusion : je suis prolo.
Mais...mémémémémémé....parce que ED c'est pas loin de chez moi et que le bureau ben il est beau!

Conclusion générale : Alex, tu prends le café avec moi, ou tu t'enfuis?

Bises
Arthi
Arthémisia - le 19/11/2007 à 08h22
Allons Arthi, je ne suis pas du genre à m’enfuir, je déteste ça ! (cf. étymologie du prénom Alexandre)
N’importe qui peut prendre le café avec moi, ça ne me dérange pas, mais plus la compagnie est agréable, ben, plus je suis content. Conclusion : on peut prendre le café ensemble (mais enfin là tout de suite, c’est pas commode à cause des kilomètres…)
 
Euh, la machine Nespresso, c’est pour penser à Georges Marchais, c’est bien ça… ?
 
Sinon, pour reprendre ma catégorisation de classes au lance-pierre, je te situerais volontiers dans la classe moyenne (eh oui, on est nombreux, en fait…). Tu as du bosser pour avoir ton boulot, tu est obligée de bosser pour payer la soupe, tu as du patrimoine mais pas assez pour être invitée au Rotary… J’me trompe ou c’est à peu près ça ?
 
Bizes 
Bourdieu avec un pif de clown :o)
Alex - le 19/11/2007 à 13h56
Comme à mon habitude j'ai rien de pertinant a dire, je me demande si il y a une catégorie pour ça. Je dois juste avouer que j'ai bien aimé la touche "momo" au milieu du reste.
Bougrenette - le 19/11/2007 à 14h38
...hum...je dois avouer 3 dîners avec des gens du Lion's...

Georges Marchais? Bof? Pas mon type d'homme du tout...Répète après moi, Alex, Clooney, Clooney, Clooney....
bises
Arthi
Arthémisia - le 19/11/2007 à 22h09
> Bougrenette : Qu'est ce que c'est que cette auto-dévaloritation ? Allons ! Je trouve que c'est déjà pas mal d'écrire quelque chose, moi, et t'en remercie.

> Arthi : Bientôt ils vont faires des réclames de café avec Besancenot (avec Marchais c'était pas ça...)
  
Alex - le 19/11/2007 à 23h27
Je vais pas faire du mauvais esprit, mais toi tu le fais servir ton café, Alex … ;)
Moi, mon premier café du matin, c’est du moulu « premier prix » dans une cafetière filtre même pas programmable.
Pour le boulot : pas de piston, pas de relation, tout à la force du poignet (et ça n’a rien de tendancieux).
Fiso - le 20/11/2007 à 14h19
> Fiso : ben non, en vrai je me le fais tout seul le café et même que j'en prépare pour les collègues, et surtout du très bon pour le boss, bien sûr !   ;-D
Alex - le 21/11/2007 à 22h09