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Afin de varier un peu la routine des repas, il peut s'avérer opportun d'employer un produit trop souvent négligé : Dieu. Pourtant, il est relativement aisé de trouver
Dieu lorsqu'on fait son marché, car ne l'oublions pas, Dieu est omniprésent, Il est en toute chose ; Il présente en outre l'avantage de se conserver particulièrement bien car Il est
éternel. Songez, en outre, que manger Dieu est très calorique et riche en bonnes choses car, du fait de la Sainte Trinité, Dieu équivaut à trois aliments (Père, Fils, Saint Esprit) et qu'il
représente le bien.
Pour servir Dieu *
Certes, Dieu (qui est toujours très frais) peut se consommer nature ou à la croque-au-Ciel, mais il et aussi fort plaisant de l'accommoder. Oubliez un instant l'eau bénite, et tentez divers
assaisonnements ; Dieu se marie délicieusement avec la foi grâce, par exemple, ainsi que tout les spiritueux (évitez cependant de le faire « à la diable »)
Ses modes de cuissons sont très variés. Evidemment, l'idéal, vu sa taille c'est de disposer des fourneaux de l'Enfer, ils sont redoutablement efficaces, offrent une température élevée pour bien
saisir la chair et disposent d'une main d'œuvre abondante. Cela dit, pourquoi dédaigner sur une bonne cuisson à l'étouffée au Purgatoire ? Je vous conseille toutefois de ne pas employer le
four à micro-ondes qui désacralise un tantinet la noblesse du geste culinaire ; Dieu possède une teneur garantie en miséricorde, mais y'a tout de même des limites ! Lorsque vous Le
servez cuit, accompagnez-Le donc de poires à l'angevine, c'est un pur délice.
N'oubliez pas, que Dieu peut aussi constituer un dessert exquis. L'art sucré est vaste, alors n'hésitez pas croiser les chemins de votre imaginations avec celles de vos prochains et lui faire
ainsi offrande d'un supplément d'âme !

* Une nouvelle écrite par Damon KNIGHT et parue en 1950 qui s'intitule Pour servir l'homme (To serve Man) fait aujourd'hui
partie des incontournables de la science-fiction. Elle fut d'ailleurs couronnée par le prix Hugo en 1951. J'y ai irrésistiblement pensé en rédigeant ce billet.
Publié le 18/05/2008 à 16h22 dans neofantaisie