neofantaisie
Il clamait « 8 », répétait « 8 »
lançait des 8 à la chaîne
ou les lardait dans des phrases
incompréhensibles
cet homme à l’allure tout à fait banale
qui ne ressemblait, je veux dire, pas vraiment
à un fou tels qu’on les imagine.
Il s’est assis en face de moi
dans le train du retour
a continué son soliloque
pendant quelques minutes
puis s’est plongé soudain
dans la lecture d’une revue
chichement illustrée
a renfilé la peau ainsi
d’un banlieusard,
tout ce qu’il y a de plus commun.
Par moments quand même
au cours de la demi-heure de voyage
il s’est remis à parler haut
lisant, méditant à pleine voix
des passages tirés de sa revue,
sans doute.
J’en comprenais des bribes
jusqu’à ce qu’il y replante des 8
qui n’avaient rien à faire ici.
Mais peut-être que mes oreilles,
mon attention
n’avaient rien à faire, non plus, dans ses dires
qu’on pourrait qualifier de délire.
Pourtant
tout ça tenait un peu
structurellement, voyez-vous
dans un monde à trois dimensions
parce qu’un 8 tourné d’un quart de tour
ça illustre à merveille
ces répétitions effrénées
Mais si, souvenez-vous
un 8 tourné d’un quart de tour
ça donne le signe de l’infini.
Sam 22 jui 2006
4 commentaires
La vache qui rit
ripolin
aussi
ripolin
aussi
poup43 - le 23/07/2006 à 08h56
A l'instant où j'ai posté je me demande si je n'ai pas confondu avec la peinture valentine . Tant pis c'est la même époque !!!!
poup43 - le 23/07/2006 à 08h59
Jolie note ! Pour la danse du ven-ventre on utilise aussi le huit concernant le mouvement à adopter !
La bête. - le 27/07/2006 à 20h56
Encore que si on veut être tatillon, aucun symbole n'est plus à même d'exprimer l'infini que le couvercle des boîtes de vache qui rit.