Jusqu’à quand enfin, Retraité, abuseras-tu de notre patience ? Combien de temps encore serons-nous ainsi le jouet de ta fureur ? Où s'arrêteront les emportements de cette audace effrénée ? Ni la garde qui veille la nuit sur le mont Palatin et cotise à la sueur de son front pour subvenir à ta pension, ni les bureaux de Poste répandus dans la ville, ni l'effroi du peuple, ni le concours de tous les bons citoyens actifs, ni le choix, pour la réunion des internautes, de ce lieu le plus sûr de tous, ni les regards ni le visage de ceux qui t'entourent, rien ne te déconcerte ?  Ne sens-tu pas que tes exactions sont dévoilées ? Ne vois-tu pas que ta conjuration reste impuissante, dès que nous en avons tous le secret ? Penses-tu qu'un seul de nous ignore ce que tu as fait la nuit dernière et la nuit précédente, où tu es allé, quels hommes tu as réunis, quelles résolutions tu as prises ?

 

Ô temps ! Ô moeurs ! Néofantaisie connaît tous ces complots, le lecteur les voit ; et le retraité rit encore. Il rit ? Que dis-je ? Il vient au marché de Couilly Pont-aux-Dames; il prend part aux conseils de la République ; son oeil choisit et désigne tous ceux d'entre nous qu'il veut immoler. Et nous, hommes pleins de courage, nous croyons assez faire pour la République, si nous échappons à sa fureur et à ses poignards. Il y a longtemps, Retraité, que le consulat néofantaisiste aurait dû t'envoyer planter les cochons biologiques dans le Finistère, et faire tomber sur ta tête le chou fatal dont tu menaces les nôtres.




Clique sur le sympathique faciès de l'Ancien



Vendredi 8 mai 2009
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Hier et aujourd’hui c’était un peu comme du printemps, alors ça m’a donné envie de ressortir un poème qui cause de ce sujet. Et voilà l’occasion de faire bonne introduction à la me-langue. La me-langue, quoi qu’est-ce ? Eh bien c’est de l’art brut en poésie, si on veut (si, on veut ! Parce que je ne vois pas tellement mieux que cette notion pour en dire un peu ; assez peu en fait, mais je crois que c’est mieux ainsi).

 



QUE JOUR PRINTEMPS NOUS DIT

 

 

Que jour printemps nous dit

est sommeil en déroute;

les forts hibernants pleins

de choses à en perdre le sud :

papillonnants bonheurs de soirs en sérénade ;

gambadants tours de cycle, à tout fendre colza ;

reposants libres rires que bière y bulle en sang qui nous remonte en tête.

 

Tant masse induit que mots y manquent !

 

Ah ! vérité, mes humains, s’actualise

en ce que force influx

catapultent mémoire.

Les petits bouts d’hier, empressés dans l’assaut

ramassent leur gueule en joie sur la porte pensée.

 

Et telle se fait chaque an

la prometteuse venure

de passé-présent glace à rafraîchir futur,

il s’entend là sorbet que parfume eau de vie

pris en adrénaline

et qui grise le gris.

Tout est promis

si pas l’Homme se fracasse

 

 

Mars 1999



Lundi 16 mars 2009
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De mon temps, « consommer l’amour » signifiait passer à une phase plus sérieuse que faire des bisous sur la joue ; cela voulait dire qu’après s’être confortablement installé dans l’auberge d’Eros, s’être enivré des saintes odeurs d’un festin de blandices, avoir ouvert son cœur comme une bouche espiègle, l’on en venait au fait de savourer la chair.

De nos jours, s’il m’est permis de juger d’après ce que j’en vois, « consommer l’amour » c’est consommer tout court. Songez que plus d’un mois avant la mi-février, où il est de coutume de fêter les hymens, d’importantes précipitations promotionnelles nous publicitent l’épiderme jusqu’à l’os ! Saint-Valentin, patron des commerciaux ? Saint-Commercial, patron des Valentins ?

 

Car enfin, nom d’un Dom Juan à suspensions hydrauliques, faut-il donc que la moindre parcelle de nos vies, y-compris la plus intime, serve de terreau à quinze millions d’annonces mercantiles ?

A ce train là pourquoi ne pas glisser quelques encarts publicitaires pour de puissantes berlines allemandes dans un opus de Goethe, proposer la livraison d’une pléiade de roses en interlignes aux vers du grand Ronsard ? 

Qu’il y ait un peu de réclame pour des biens de circonstance lorsqu’une fête se profile, voilà qui semble naturel, mais que nos boîtes aux lettres, matérielles ou virtuelles, regorgent, un mois avant, d’une ribambelle d’invites où TOUT devient sujet de l’événement en perspective, y’a quelque abus !

 

Et j’en viens naturellement à l’incontournable situation de qui n’a pas la chance de vivre en douce idylle. Imaginez-vous chien errant de Bamako auquel on rebattrait les oreilles galeuses de mille slogans pour des pâtées gastronomiques et croquettes cordon bleu. Songez que, comme Médor, il pourrait vous prendre une impérieuse envie de mordre au mou des foisonnant marchands du temple d’Aphrodite !  


Et c'est ainsi, que sous certain point de vue, union et célibat pourront se résumer singlièrement. 

Alors, Cupidondons de la farce ou bien chiens enragés ?



Lundi 16 février 2009
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De nos jours le terme de communication a pris, pour le commun et à force de martèlement marketiste, un sens quasi synonyme de publicité. Il est de bon ton d’évoquer la prochaine « campagne de com’ » de la société Machin,  ou de lâcher nonchalamment entre deux verres de champ’ dans une soirée mondaine : « Oh, tu bosses dans la mode, c’est hype ! Moi j’ai une agence de com’ ».

 

Certes, à la base, le mot est plus volontiers associé à celui de journalisme, en ce qui serait un art de bien se faire entendre ou plutôt de se faire entendre mieux que les autres (usons de la double acception du verbe « entendre », qui s’emploie également pour signifier « comprendre »). Mais ne péchons pas trop par naïveté, de grâce ! Il faudrait revenir plus longuement sur la fonction de journaliste aujourd’hui et rappeler combien le métier tend à devenir un travail de documentaliste, voire « d’agrégateur », de machine à faire de la note de synthèse sans trop réfléchir au fond, sans trop réfléchir tout court, sans trop se cultiver, de préférence (on peut compulser à sur le sujet, par exemple, l’ouvrage de François Ruffin : Les Petits Soldats du Journalisme  paru chez Les arènes). Admettons plutôt que communication, et bien trop souvent journalisme, vont désormais souvent de paire avec promotion. Et ce ne sont pas les écrits de Platon ou des œuvres de Rembrandt qu’il s’agit de promouvoir, mais  plutôt tels biens ou services de consommation courante.

 

Notons au passage, combien de services d’internet gracieusement proposés pour favoriser la communication, qu’on nous dit, usent de fenêtres publicitaires. Que pensez-vous des objectifs souhaités par les plus grands promoteurs actuels de réseaux sociaux « gratuits » ? Croyez-vous qu’ils aient comme ambition principale de sceller de joyeuses communautés de copains et copines pour le plaisir des retrouvailles électroniques ? Le but est bel et bien de fournir un support compétitif aux afficheurs. Cela n’a certes rien d’un scoop, mais permet toutefois de s’interroger sur la forte collusion qu’entretiennent alors les notions de communication et de réclame.

 

Et quel personnage publique d’envergure, quelle Veri Importante Personne n’a pas, de nos jours, ses « conseillers en communication » ? Ne suggère-t-on pas au tiers-état en mal d’un emploi de « savoir se vendre » ? En somme, transmettre des informations, interagir verbalement ou non avec son entourage social pourrait se résumer à faire une bonne pub de soi, de ses idées, de ses compétences, ou des savonnettes qu’on trimballe dans sa valise. Intértessant. 

 

Mais pour mieux brocarder cette déplorable confusion amusons-nous d’un syllogisme hardi :

 

Si, comme le suggèrent Paul Watzlawick et les théoriciens de l’école de Palo Alto*,
on ne peut pas ne pas communiquer

et que
communiquer c’est faire de la réclame,

alors
on ne peut pas ne pas faire de réclame.

 

 

 

* Pour en savoir plus sur ce courant on peut lire La Nouvelle communication, de Yves Winkin paru au Seuil.

Dimanche 28 décembre 2008
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Vendredi 19 décembre 2008
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