néofantaisie
(manquait plus que ça!)
 
 
 
Vendredi 9 mai 2008

Si vous êtes récemment parvenus à regarder la tévé en évitant le retour du fantôme de la tronche hilare à Monsieur « Culture-pub-68 » Cohn-Bendit, peut-être avez-vous réussi à garder un oeil ouvert (malgré les heures tardives) sur deux documentaires un peu plus engagés que ce qu’on a coutume de woir et ouïr.  

 

En effet, pas plus tard qu’hier, le canal (pourtant non indépendantiste) France 2 proposait de revenir sur deux événements aussi troubles qu’espacés dans le temps de notre Glorieuse République Démocratique Populaire :

 

A 23h00, d’abord, un retour sur le sombre épilogue de la prise d’otage d’Ouvéa en 1988 pendant lequel quelques « justiciers » en tenue de combat semblent s’être arrogé le droit de souiller les couleurs, tandis que les autorités métropolitaines fermaient leurs yeux « bienveillants ».

 

Grotte d’Ouvéa : autopsie d’un massacre

 http://programmes.france2.fr/documentaires/index-fr.php?page=infrarouge&id_rubrique=121

  

Le 22 avril 1988, à deux jours du premier tour de la présidentielle qui oppose Jacques Chirac et François Mitterrand, des militants du FLNKS décident d’occuper la gendarmerie de Fayaoué sur l’île d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie. Ils veulent ainsi faire pression pour que ne soit pas appliqué le statut imaginé par Bernard Pons, ministre gaulliste de la cohabitation, qui entend redécouper le territoire et affaiblit politiquement les indépendantistes kanaks. L’opération tourne mal. Quatre gendarmes sont tués, les ravisseurs scindent les otages en deux groupes. L’un prend la direction du nord ; l’autre celle du sud. Dès lors l’armée investit l’île, à grand renfort de troupes et d’hélicoptères, la presse y est interdite. Le black-out du secret-défense s’impose. Soupçonnés d’aider les ravisseurs, les habitants de Gossanah sont parqués, subissant des interrogatoires musclés : coups de crosse, tortures, humiliations... Mais la plus grande faillite de la République française est à venir.

Dévidant chronologiquement les quatorze jours de la prise d’otages jusqu’à l’assaut de la grotte, Elizabeth Drévillon signe une remarquable enquête sur un dossier désormais couvert par la loi d’amnistie consécutive à la signature des accords de Matignon. Montés en parallèle, les propos des protagonistes (politiques, militaires, militants) attestent l’enjeu d’Ouvéa sur l’échiquier électoral français. Mais les ­petites manoeuvres tactiques, les règlements de comptes entre « cohabitants » ne doivent pas occulter l’horreur : des blessés qu’on laisse agoniser, des Kanaks sortis vivants de la grotte puis exécutés. Peut-être un peu rapide sur les dissensions internes au FLNKS, le film, par la force des témoignages recueillis, s’impose comme l’éclairage inégalé d’un pan opaque de notre histoire.

 

Marie Cailletet - Télérama, Samedi 3 mai 2008

 

A 00h00, ensuite, un versant ombragé de la Libération avec un film évoquant la barbarie avec laquelle furent réprimées les aspirations indépendantistes dans la région de Constantine en Algérie par les forces coloniales. Où l’on brûlait les dépouilles des insurgés dans des fours à chaux pour éviter de laisser des traces...

 

 L’autre 8 mai 1945 

http://programmes.france2.fr/documentaires/index-fr.php?page=infrarouge&id_rubrique=123

 

Le site dédié à ce documentaire :

http://autre8mai1945-lefilm.com/

Dimanche 4 mai 2008

Temple Grandin une femme qui enseigne le comportement animal à l’université de Colorado aux États-Unis et qui conçoit des installations adaptées aux bêtes pour des exploitations d’élevage ou des abattoirs. Elle comprend bien les animaux car sa manière de penser lui permet de se représenter un grand nombre de détails qui échappent aux autres humains mais sont de première importance pour une vache ou un cochon. Temple Grandin est autiste (atteinte du syndrome dit « d’Asperger »). Au lieu de réfléchir avec des mots, des idées, elle n’emploie que des images, de sorte que lorsqu’elle décide de concevoir une nouvelle installation, elle peut visualiser ses projets en trois dimensions, se promener à l’intérieur, les étudier sous toutes les coutures, sans avoir besoin d’utiliser un logiciel prévu à cet effet. Sa pensée est visuelle et associative, sans recours au langage. Et cela lui a permis de découvrir pourquoi des bêtes étaient prises de panique avant l’accès à un bassin de contention par exemple : les pauvres bestiaux voyaient quelque chose qui leur faisait peur et pour comprendre ce qui leur faisait peur, il fallait essayer de voir comme eux. Ce que Temple Grandin sait faire. Bien sûr sa vie n’a pas été facile et l’autisme lui donne l’impression d’être une « anthropologue sur mars » tant elle a de mal à comprendre le non-dit des relations humaines les plus banale, les éléments de communication implicites ; mais malgré cela, à sa façon très singulière, avec son mode de pensée, elle a su « faire son trou » et montrer ce que ce mode de pensée si particulier peut avoir de précieux. Peut-être ne sait-elle pas interpréter un haussement de sourcil chez une personne, un changement dans l’intonation d’une voix, mais elle est capable de se représenter ce que voient des animaux. Son intelligence ne s’embarrasse pas des données émotionnelles si complexes chez l’homme du commun, mais fonctionne à l’aide d’une implacable logique, comme celle de Monsieur Spock dans Star Trek (et aussi celle de Sherlock Holmes, je trouve). Certes Temple Grandin évoque combien elle fut et est encore handicapée par certains traits propres à l’autisme, mais fait l’ample démonstration de ce qu’elle est capable d’apporter à la société. Quant à son « hermétisme » aux émotions communes, la prive-t-il d’humanité ? Grâce au travail que Miss Grandin accomplit dans les abattoirs, des animaux de boucherie doués de souffrance peuvent vivre leurs derniers instants dans le calme, c’est un aspect qui la préoccupe beaucoup et ce respect pour les espèces dont nous nous repaissons (carnivores que nous sommes) est une habitude qui se perd tandis que gagne la « civilisation ». Ce respect dont l’autiste « indifférente » Temple Grandin fait montre, témoigne aussi d’un degré de conscience et de responsabilité envers le vaste monde qui nous a enfanté qu’on aimerait bien rencontrer chez plus d’Êtres humains !

A découvrir : Temple GRANDIN, Penser en images, Et autres témoignages sur l’autisme, New York, 1995, Paris, Éditions Odile Jacob, 1997 - traduction de Virginie Schaefer.

A noter : Le célèbre neurologue et écrivain Oliver Sacks a repris l’expression que Temple Grandin utilisait pour se qualifier elle-même et en a fait le titre d’un de ses passionnants ouvrages (Un anthropologue sur Mars, Sept histoires paradoxales, New York, 1995, Paris, Éditions du Seuil, 1996 - traduction de Christian Cler)

Mercredi 23 avril 2008





Aujourd’hui, nous allons apprendre à nettoyer notre unité centrale d’ordinateur personnel.

C’est très simple.


Prenez soin tout d’abord d’éteindre le courant de votre bidule, puis débranchez chaque câble en évitant d’arracher les broches.

Cela fait, enlevez le capot ou la plaque extractible située latéralement, après avoir ôté les vis ou le système de fermeture tartempion.

Il va s’agir, à présent d’enlever composants, nappes et fils avec la plus grande délicatesse. Vérifier toujours (avant de forcer comme des yétis sous caféine) qu’une vis ou tout autre système de fixation difficile à voir ne retient pas un ou plusieurs éléments.

Veillez à poser toutes les pièces de façons qu’elles ne soient pas exposées aux chocs et autres maladresses, tout en les répartissant de façon ordonnée et rationnelle pour parvenir à tout remonter ensuite sans encombre.

N’oubliez pas d’ôter les ventilateurs lorsqu’ils sont solidaires d’un composant (microprocesseur, carte graphique, etc.) de sorte que chaque élément puisse être nettoyé au mieux.

 

Une fois que vous avez tout désassemblé, foutez moi tout ça au lave-vaisselle ou au lave-linge, ajoutez des produits qui récurent, enclenchez le mode de lavage le plus couillu, et hop !

 

  

 

Vendredi 18 avril 2008



Mercredi 9 avril 2008

Y'avait un gars qu'était musique
les yeux fermés, rides plissées
accroché sur de la beauté
offerte à des gens en trafic 

Un piano court et électrique
jouait sous ses doigts mon souffle court
du jazz à vie et sans détours
à désosser les mécaniques

Tandis que passait l'R.E.R.
et martelaient rythmes de pas
battaient cymbales à bout de bras
d'un spectre d'Blakey rire à l'air

C'était plus vrai qu'un bruit de mer
tourné du fond d'un coquillage
le gars en Chet à bout de l'âge
rendait tout son sel à la terre

Ô toi mon ami saisissant,
pauvre homme éloigné au milieu
du rien, du vide où y'a pas Dieu
ton chant délivre les absents !



Dimanche 6 avril 2008

 

 

Sophrologie, yoga, relaxation transgénique, psychanalyse jungienne…

Y-a-t’il un remède ?



Vendredi 4 avril 2008

Fallait bien que je m'occupe du sujet un jour, mais bon tellement de projets en même temps, parfois l'ordre de priorité tient à une réaction, un tilt.

Tilt est venu de la lecture d'une vielle mayonnaise dans laquelle sans cesse, l'air de rien, l'on rajoute de l'huile. Une tradition, un préjugé, une représentation qui se résume à une invective : « Dégage, minus ! »

Curieusement, cette expression typiquement masculine et juvénile à boutons, ce ne sont pas tant les mecs qui l'emploient, une fois l'âge adulte venu, mais plutôt les nanas. Oh, certes, pas de cette façon là, avec beaucoup plus de subtilité et de délicatesse, ainsi par exemple : «Tu comprends, les hommes petits... ça je peux pas. » 

Critère fondamental de séduction ? Incontestablement. Mais également de promotion sociale, on le sait moins. Etudes et statistiques à l'appui ; ce n'est pas juste une la croyance et pourtant c'est basiquement fondé sur de la croyance...

Dans ce premier actic sur le sujet, je vais causer de l'attirance, du sex-appeal. Pourquoi que le lascar d'un mètre soixante, il en a moins que celui qui passe pas la porte ? Ou peut-être bien même une question du genre : Pourquoi qu'on croirait qu'il en aurait moins, au point de s'en convaincre de filles en filles, de générations en générations ?

La seule explication qui semble tenir le haut du pavé en la matière, serait d'ordre sociobiologique : il y a fort longtemps, dans notre espèce et pas seulement, le plus balaises des mâles remportait les suffrages auprès des dames. Et en général, une taille plus imposante, ça donne l'air plus costaud, ça impressionne plus.
Cette représentation aurait perduré dans les cervelles, jusqu'à une époque où pouvoir et puissance ne sont plus guère conférés par la force des bras...

Mais Madame a aussi ses arguments, et celui qui semble le plus récurent est : « Un mec grand, ça me donne une impression de sécurité, j'me sens protégée, tout contre lui ». Il y a en a d'autres basés sur des éléments apparemment moins pragmatiques : « Tu vois, avec un gars plus petit que moi, j'ai vraiment l'air ridicule, ça tue ! » ou bien « j'aurais l'impression de sortir avec un môme », ou encore : « Un mec d'un mètre quatre vingt dix, c'est trop sexy ! »

Alors, juste, quelques questions :
Où est foncièrement la différence entre un préjugé sur la taille et un autre sur la couleur de la peau ?
Nos goûts ne peuvent-ils dépendre que de ce qui est majoritairement admis ?
En1895, combien de femmes blanches du Tennessee trouvaient un homme noir attirant ?
La beauté est-elle uniquement déterminée par des critères biologiques ?

Mais voyons si nous pouvons identifier la part de croyance dans ce mode de préférence.

Madame sort dans un quartier un peu craignos tard le soir, préférera-t-elle y a aller au bras d'un grand échalas ou a celui de Bruce Lee (qu'était petit, c'est même la raison pour laquelle il n'obtint pas le rôle dans la série Kung Fu ) ?
Grande taille est-elle irrévocablement synonyme de force brute ?
La qualité de la protection in situ n'est peut-être pas aussi évidente que les apparences pourraient le laisser croire.
Sans oublier que le sentiment de sécurité et de protection qu'ont pourrait supposer légitime chez une femme, susceptible d'être mère et désirant que son nid soit bien gardé, s'étend à bien d'autres domaines. Et si l'on s'en tient au critère de taille, alors un homme grand serait doté d'une situation financière plus stable et avantageuse qu'un petit, aurait assurément plus les pieds sur terre, serait automatiquement plus digne de confiance, plus fidèle, moralement plus solide, plus combatif, plus ambitieux, etc. ?

Comme amant, les petits, ce serait moins bien que les grands. Voilà ce que peut laisser envisager une telle préférence. Euh, ce serait rapport à la taille du pénis ? Tout serait proportionnel ? O.K., alors je vous laisse vérifier et pi on en reparle, hein !
Un grand s'y connaîtrait instinctivement mieux dans l'art de l'amour, il saurait à coup sûr faire jouir une femme, s'intéresserait d'avantage à sa sexualité,  serait plus à l'écoute de ses désirs... Ah, bon.

Les grands, eh ben on diraient qu'ils seraient plus sexy.
Donc, lorsque l'on dépasserait disons 1,75 m, on serait mieux proportionné, on aurait des plus beaux zyeux, on serait plus musclé, on aurait la peau plus belle, le poil soyeux et la truffe fraîche. Bien.

En fait, je crois que l'important dans cette histoire c'est de se demander pour une fois s'il n'y a pas une  une bonne part de préjugés, de ce que les psychologues appellent « représentations sociales » et si parfois, il ne peut pas être intéressant de vérifier le poids des idées, plutôt que... la taille de leur impact !



Mercredi 2 avril 2008


Fallait bien que je vous parle un peu de musique sur ce glob. Du coup v'là une nouvelle rubrique avec des choses sonores de chez Myspace qui est un grand réservoir à talents, comme qui dirait. Alors plutôt que de regarder la tili comme E.T. pour woir la nouvelle shtar ou la shtar acc, écoutez ces choses.

 
Avec
Funky Shunk, replongez-vous dans les ambiances instrumentales de Stasky et Hutch et Dirty Harry. Y'a pas longtemps je vous causais de Mustang, ressortez-là et mettez l'autoradio cassettes à fond !

 

Les Doigts de l'Homme, oui parce que la musique ça devrait en faire partie. Surtout n'omettez point de cliquer sur tous les titres car il y a de la variété (pas de la « variété », hein, de la variété, au sens propre, enfin on se comprend, non... ?)
 


July A
elle A une très belle voix et elle reprend Roxane. (Pi elle est plutôt jolie, aussi, ce qui ne rien, hé hé !)

Dimanche 30 mars 2008



Dimanche 23 mars 2008

La constitution intergalactique de Gleoton Armos n'avait pas prévu de statut pour les peintres. Z était peintre, il peignait les planètes, les étoiles, tout l'espace intersidéral, bref, l'immensité .

A bord d'un vaisseau panoramique d'une technologie simple, Z rêvait, entre deux retouches qu'il apportait à sa toile. La planète Décantilène offrait un aspect sévère, avec ses couleurs sombres elle faisait penser à ces faciès de maîtres que l'on rencontrait dans les écoles pour enfants à l'ère primitives, il y a quelques dix-mille ans. La baie vitrée permettait d'admirer un spectacle rare, en effet Décantilène possède un satellite formé d'un amas de molécules de Dinétrium 3- dont la décontinence intercomposite est compensée par un apport de plasma agenprolifêriatonique, et ce satellite émettait un éclairage étrange et violacé dont la portée donnait un aspect encore plus étrange à la planète.

Le bout des pinceaux du peintre quand il s'applique sur la toile donne naissance à une structure imaginaire et merveilleusement belle.

Le vaisseau approchait à grande vitesse de son objectif, mais l'impression de lenteur persistait chez les passagers. Pas chez Z ; ce dernier eût voulu que le vaisseau en resta là , qu'il n'avança plus, ce qui lui aurait permis de peindre l'irréel à sa convenance.

Une couleur lourde et violacée emplissait la salle panoramique, ce qui donnait une atmosphère de calme mais pas de sérénité. En effet , le violet est trop terne pour faire naître une impression sereine, c'est une couleur tout à fait galactique, et à la fois réellement troublante ; à la vérité elle évoque l'étrange, le mystérieux, et c'est pour cela qu'elle plaisait à Z. Le vaisseau allait bientôt atterrir sur Décantilène pour se réapprovisionner en carburant et en vivres.

- Ainsi donc Monsieur Z, vous estes peintre ?
- Assurément, beau sire
- Voilà qui est fort bien Bon Homme, que vous soyez en queste d'une heureuse image! Mais avez vous pensé qu'une telle chose, rarement se peut trouver en nos tristes contrées ?
- Très certainement, mon pote, toutefois mon art est de trouver le charme où qu'on ne le voit point
- Prenez garde, ami, car la supercherie enfante la justice, et la justice est mère du supplice, et le supplice est père de la douleur, et la douleur est mère du mal, et le mal est père de la misère, et la misère est mère de l'agonie, qui enfante la mort, dont le père est l'agonie, qui, elle, a pour mère la misère, triste fille du mal, enfnt de la douleur, qui n'est que le fruit du supplice, dû à la justice !
- Que de charabia ! Je vais de ce pas reprendre mon pinceau, mais, avant toute chose en quête de graille aller.


Z s'assit à une table en matière glatonique, il arma le levier de service, fit son choix, attrapa la boite et avala d'un trait la solution de Picosodiome. Hélas il dût payer très cher ce menu gastronomique, ce qui le mit dans une impressionnante colère. Cela fait, il prit son matériel de peintre et alla vers la station de transbus la plus proche, y loua un véhicule qui n'était autre q'un vieux PIRATE 300 à propulsion asphalto-nucléaire qui lui convenait cependant à merveille.
Z n'avait pas de but précis et voyageait au gré du paysage. Dès qu'il apercevait une lumière différente et qui lui semblait adorable, il s'en rapprochait, quand bien même elle aurait été issue d'une borne raszométrique.
Des couleurs éphémères envahissaient l'intérieur du vaisseau, et éclairaient la face mélancolique du peintre. Il y avait au dehors des paysages constitués essentiellement de monts aux pentes douces. La réaction de l'artiste ne pouvait être qu'extase devant ce spectacle idyllique, où le cyan et surtout sa complémentaire rouge, dominaient. Le petit véhicule s'enfonçait à allure modérée dans les vastes espaces qui constituent la surface de la planète violette.

Décantilène avait connu, il y a quelques millénaires, une succession de guerres tribales qui avaient essentiellement opposé deux espèces : les Enieps et les Snas.
Les Enieps étaient issus d'une famille du sud de la province de Liadenhurgie. Cette famille qui se prétendait la plus ancienne vivait, ou plutôt, tirait sa grande fortune, d'un élevage de Phithorks à cinq têtes. Elle avait su, par des démarches plus que moins malhonnêtes, s'accaparer un siège à l'assemblée Nociwe, puis avait fini par y prendre le pouvoir en dévorant les autres membres, préalablement rôtis, naturellement.
Les Enieps avaient non seulement pris la possession d'une platée (environ trente-milles, en terrien primitif) d'esclaves liadenhurgiens, mais encore de vingt godets - (équivalent de 351,42761 en terrien ancien) d'hommes sauvages(ou libres) peuplant les environs et qui s'étaient au service de la puissante famille pour pouvoir survivre (il faut préciser qu'à cette époque, les Allimiens - saison la plus froide, particulièrement rude - causaient chaque éenna la désagrégation de plusieurs poires fumigènes, nourriture essentielle des hommes sauvages).
Quant aux Snas, ils étaient issus d'un mal poiré et d'une femelle Gloupu. Cette union à l'aspect bizarre avait pourtant donné des enfants d'une esthétique originale et d'une remarquable résistance. Ces beaux mutants s'étaient, par la suite, mélangé avec des hommes sauvages de la côte Est du quinzième neiridiem.
Enieps et Snas, qui vivaient à des endroits éloignés, pour ne pas dire opposés si l'on considère la forme ovoïde accentuée de la planète, ne se connaissaient, pour ainsi dire, pas du tout, bien qu'ils aient eu connaissance de leurs mutuelles tribulations par le biais des média très nombreux. C'est en fait un événement inattendu qui les fit se rencontrer. Cet événement qui figure aujourd'hui en tête de chapitre sur tout les manuels d'Histoire, n'est autre que la scission du Blochke déstrogalite en deux puissants mouvements syndicaux, que sont la PPP et la EEE , tous deux réservés aux chercheurs qui ont les cheveux bruns et qui se rasent le menton avec une lame marine. La scission ayant suscité divers courants de protestation, on fit interdire les rasoirs électriques qui pouvaient donner des idées PPPayennes aux chercheurs qui étaient encore EEEyens en majorité. Les Snas qui étaient Moutardiers de leur métier furent appelés à la rescousse par les EEEyens ; quant aux Enieps qui fabriquaient des cuillères à moutarde, ils furent sollicités par les PPPayens.

Si on avait su que la, pensée des innombrables machines symboliques se rejoignait en un point culminant, on eut décharné les déchirures de nos lambeaux multiples.

Soudain le vaisseau fut attiré vers une source de Curarium -, ce qui étonna le peintre sans l'effrayer. Z mit en marche le réacteur réfractaire et quitta ce lieu qui ne l'inspirait guère. Bientôt, il arriva à un poste de réapprovisionnement. Il sortit de son vaisseau et entra dans le quartier central ; là, se tenait un ahuri oui avait probablement absorbé une bonne dose de citron hallucinogène. Il avança d'un pas modéré vers le bureau de négociations et pourparlers, s'assit un siège où d'autres créatures avaient séjourné antérieurement, prit un bâton fumigène, l'alluma, aspira quelques bouffées et partit.

Le Pirate 300 émit un sifflement saccadé et se lança à travers plaines vers la Vallée des Troms.

Le peintre Z était un petit homme aux yeux oranges qui portait une longue barbe verte C'était un homme assez jeune, 300 éennas féerrownns environ, qui était né dans le ghetto de Plsqum sur la Luno V. Il avait pu accéder à la profession d'opérateur de vaisseau grâce à ses origines terriennes. La chance lui avait sourit le jour où il avait été engagé à bord du Luciana (un VS 300-200 Surp , bâtiment à l'envergure assez impressionnante) car c'est là qu'il fit la connaissance du gouverneur général "0 du Fief Alpa". Ce dernier avait eu par un heureux hasard l'occasion d'observer les oeuvres que Z exécutait à l'imprimante dans ses temps libres et lui avait proposé d'entrer à l'école Intergalactique des Arts Visionneux, ce que le futur peintre avait bien évidemment accepté avec joie. Cette école avait en effet une vaste renommée à travers l'empire des Sowzn dont elle dépendait, et avait formé de grands artistes tels que H, K, où même R (le célèbre décorateur des stèles da Palais de l'Idallie). Z s'y était retrouvé en confrontation avec des graphistes expérimentés qui, sans le mépriser, lui portait néanmoins une attention limitée.
Il devint très vite un graphiste exécrable, jusqu'à ce qu'il découvrit dans les archives de l'école des traités de l'ère primitive concernant l'art de la peinture sur toile. Ces documents poussiéreux étaient restés là, négligés de tous, de tous sauf de Z.
Un soir, il était entré dans la salle d'expérimentations chimiques et avait modelé lui-même ce qui correspondait à peu près à une toile, puis il s'était mis à essayer de créer les peintures décrites dans lesdits traités, mais ce fut en vain. Il passa une cinquantaine d'éennas pulpores à réitérer ses essais, et puis, un beau, jour il y arriva. Sous l'effet de la joie, il fut prit d'une ardeur peintifère d'une étonnante puissance et se mit à réaliser quelque deux cent mille toiles en quelques heures, ce qui lui valu d'être banni de l'école IAV . Il décida alors de partir vers des lieux plus favorables, pour pouvoir exercer son art dans la plus grande sérénité.

La vallée des Troms était constituée par de vastes rochers de slophate, avec leur milieu, une rivière d'eau suffoquée. Il est inutile de rappeler l'historique de ce lieu tristement célèbre où est né l'épouvantable AB de C.

Le PIRATE 300 évoluait sans majesté sur la face nord du ravin.
Z s'était endormi aux commandes et le pilote automatique venait de la maison Sgoltancus et non de chez PIRATE, ce qui fit que - la soupape de pyromachie mal ajustée - on eut droit à des secousses ondulatoires qui n'avaient rien à voir avec le balancement d'un rocking-chair.
La traversée de la vallée des Troms demeure un spectacle d'une rare beauté ; les falaises qui surplombent la rivière ne forment pas de précipices, mais au contraire des pentes douces qui n'en restent pas moins très dangereuses. Quant à la rivière blanchâtre, elle a donné vie à de nombreuses légendes comme celle de la "verte passoire".
Ces lieux paradisiaques quoique de sinistre renommée n'inspiraient point le peintre.

Z chantonnait aux commandes du vaisseau lorsqu'un message radien se fit entendre : " La Constitution très juste et très grande de Gleoton Armos admet comme sacrilège l'acte de chantonnement ; nous avons donc le devoir de vous annoncer votre proche exécution". Sur ce, une avalanche lumineuse s'abattit sur le PIRATE 300 qui contenait Z, et l'endommagea tellement qu'il le pulvérisa. Sous l'effet du choc les peintures exécutèrent une danse céleste et retombèrent sur les restes du vaisseau. Z gisait, mort sous les reliques.

Ce n'était pas un amas statique qui figurait en ces lieux, mais une structure artistique extraordinaire où la vie dépassait son propre apogée.
La Constitution de Gleoton Armos n'avait pas prévu de statut pour les peintres mais elle fit, à son insu, ériger une statue pour l'un d'eux.


 

 

 

 

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